Levée de fonds, Europe, France

L’année 2017 a été particulièrement bonne en termes de levée de fonds. Une étude du fonds d’investissement anglais Atomico la qualifie même d’année record. Les startups n’ont jamais autant réussi à gonfler leurs ressources financières disponibles pour leur développement. Le Royaume-Uni arrive en tête, devant l’Allemagne et la France. 

Levée de fonds : l’Europe aime les startups et n’hésite plus à les financer

La zone euro semble bien relancer sa machine économique. Car du côté des levées de fonds, 2017 a établit un nouveau record. Le fonds anglais Atomico met en exergue cette belle dynamique dans son récent rapport intitulé State of european tech 2017. Un rapport qui a été présenté à l’occasion de l’événement Slush à Helsinki en Finlande. Slush est le grand ramdam annuel des entrepreneurs, des startups et des investisseurs de la sphère tech.

Ce qu’il en ressort est des plus encourageants : plus de 19 milliards de dollars ont été captés par les startups de l’Europe entière contre 14 milliards en 2016.

Les investisseurs ont bien saisi tout le potentiel que représente les jeunes pousses. Disruptives par nature, les startups créent de la croissance, de la richesse et surtout innovent. Un aspect essentiel pour générer de la croissance à l’avenir. D’ailleurs, des startups bien connues du grand public ont été englouties depuis par des grands groupes : KissKissBankBank, AirBnB, BlaBlaCar et bien d’autres encore… Toutes ces structures sympathiques et jeunes aux yeux du grand public ont été revendues à des multinationales ou à de grands groupes: Crédit Agricole, la Banque Postale, Microsoft, Apple..

Ce round impressionnant de levée de fonds en 2017 a par ailleurs permis à 41 startups européennes d’entrer dans le club très fermé appelé « Les Licornes ». Soit les jeunes pousses ayant réussi à passer le cap du milliard de dollars de valorisation. C’est notamment le cas de PicNic , startup hollandaise spécialisée sur le supermarché en ligne (110 millions de dollars levés), ou encre de Cabify, l’équivalent du Über pour l’Espagne (100 millions de dollars). Même son de cloche pour PurpleBricks, startup britannique ou encore de Outfit7, entreprise slovène de création de jeux vidéos.

Le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France sur le podium

L’étude d’Atomico met également en valeur les pays les plus performants en termes de levée de fonds.

Le Royaume-Uni arrive ainsi en tête avec plus de 5,4 milliards de dollars. Suit l’Allemagne avec 2,5 milliards de dollars injectés dans les startups tandis que la France se classe troisième avec seulement 2,1 milliards de dollars.

Un écart conséquent donc avec le Royaume-Uni alors que la France peut vraiment mieux faire.

Elle peut mieux faire car rappelons-le, le nouveau président veut faire du pays une startup nation et durant l’ancien quinquennat la French Tech avait été mise sur les rails. Des incubateurs pullulent à présent un peu partout dans le pays mais une fois n’est pas coutume, le nerf de la guerre reste l’argent. Les entreprises françaises accusent même un certain retard en matière de fons propres. Or, financer sa croissance, la recherche, la prospection, l’innovation ne saurait se faire que grâce à d’énièmes crédits. Les entreprises françaises disposent de fonds, mais il s’agit d’argent bien trop cher.

La France peut beaucoup mieux faire car le segment des deep tech compte parmi les préférés des investisseurs et il est celui sur lequel les entreprises hexagonales sont plutôt bonnes voire très bonnes même. Les deep tech regroupent entre autre  l’intelligence artificielle, l’IoT, la réalité virtuelle et augmentée. Des facettes technologiques pour lesquelles les startups françaises n’ont pas à rougir face à la concurrence avec des structures reconnues telles que Shift Technology (logiciels de détection de fraudes à destination des assureurs), Spendesk (dématérialisation des moyens de paiement des frais professionnels), ou encore Navya (conception de véhicules autonomes et électriques). Cette typologie d’entreprise met sur le marché des technologies d’avenir, qui apportent un vrai service aux entreprises ou aux particuliers. Si elles sont bien parvenues à lever plusieurs millions d’euros pour le développement, leurs besoins grandissent mais les fonds stagnent encore.

2017 a donc été une très belle année sur le front des levées de fonds. La France patine encore sur la question même si une réelle dynamique est à l’œuvre. Reste à savoir à présent quelle tournure prendra l’année 2018.