Souhaitant faire de la France une startup nation, le gouvernement a échafaudé un plan destiné à soutenir le développement des jeunes pousses. Entre le doublement des moyens attribués à la French Tech Diversité, la mise au point d’un programme de formation ad hoc, la simplification des tâches administratives ou encore l’accès facilité à de nouveaux marchés porteurs, les choses devraient bouger dans le bons sens.

Doubler les moyens de la French Tech Diversité

Impulsé sous l’ancien gouvernement, la French Tech est ce vaste écosystème qui fédère l’ensemble des acteurs des startups françaises, en France comme à l’étranger. Des entrepreneurs y sont présents mais également des investisseurs publics et privés, des designers, des développeurs, des ingénieurs, des instituts de recherche… Autant de parties prenantes engagées dans le processus de croissance des jeunes pousses.

Si la French Tech est sur de bons rails, le gouvernement souhaite également mettre l’accent sur la French Tech Diversité, un programme destiné à soutenir les initiatives des startups issues de quartiers prioritaires. Le premier ministre a ainsi récemment annoncé que le gouvernement allait doubler les moyens alloués à la structure, pour un budget de fonctionnement de l’ordre de 4 millions d’euros par an.

Résultat : près d’une centaine d’entreprises devraient rapidement bénéficier de nouveaux moyens financiers pour soutenir leurs efforts en R&D, leur donner accès à de nouveaux marchés, pérenniser leur activité.

Un fonds pour l’innovation et l’accès à de nouveaux marchés

L’exécutif a par ailleurs fait savoir qu’un fond pour l’industrie et l’innovation sera bientôt doté de 10 milliards d’euros de budget. L’objectif étant de « financer l’industrie du futur ». Les startups spécialisées sur le secteur recevront à terme des aides sous forme de prêt à taux zéro ou préférentiel. Des entrées au capital sont par ailleurs prévues afin de doper leurs fonds propres. Dans la même veine, un fonds de capital-risque financé à l’échelon européen cette fois permettra d’injecter des liquidités dans les startups françaises et européennes afin de les armer face à la concurrence internationale. Un modèle qui a fait ses preuves outre Atlantique et dont Emmanuel Macron veut ouvertement s’inspirer.

Aussi, le gouvernement souhaite que les startups puissent avoir accès à de nouveaux marchés. Et pour cela, les administrations en charge d’autoriser des activités telles que l’ouverture d’un établissement hôtelier ou l’obtention d’une licence de chauffeur privé devront mettre leurs données à disposition. Concrètement, les startups auront accès à de nouveaux fichiers de clients potentiels afin de leur proposer leurs services, Emmanuel Macron expliquant que “Face aux géants étrangers, des nouvelles startups pourront ainsi s’adresser par exemple à tous les hôteliers pour leur offrir de nouveaux services“

Soutenir la formation et alléger l’administratif

Déclarant que la « French Tech est un atout formidable pour notre pays », Edouard Philippe veut par ailleurs que les startups puissent s’appuyer sur de solides compétences en interne. Car entre l’utilisation des outils du digital et du numérique d’un côté et une concurrence internationale rude de l’autre, les collaborateurs de ces structures de taille réduite se doivent d’afficher un niveau élevé de compétences et de connaissances diverses. Des aides financières pour la formation des équipes sont en cours de finalisation afin que la France devienne « une nouvelle terre de conquête pour les startups à l’international ».

Si les startups ont besoin de moyens et de matière grise pour se développer, elles ont également besoin de plus souplesse, de facilité et d’agilité dans la gestion quotidienne de leur activité. Un nouveau cadre administratif, social et fiscal est en cours de préparation. Le but est que ces entreprises puissent se focaliser sur leur offre, sur l’innovation et passer le moins de temps possible à gérer les questions administratives tout en bénéficiant d’une fiscalité allégée. L’abaissement de l’impôt sur les sociétés – passant de 33% à 25% – va dans ce sens de même que la réduction des charges sociales. Idem pour la mise en place du droit à l’assurance-chômage pour les entrepreneurs qui leur permettra de se lancer dans la création d’entreprises innovantes en minimisant le risque d’échec.

Avec ce nouveau round de mesures, les startups françaises devraient profiter d’un cadre législatif, fiscal, commercial et financier propice à leur développement. Reste à voir si la France deviendra bien le « startup nation » voulue par le président.