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Il en va du harcèlement moral comme de la maltraitance ou de la pédophilie : dès que le phénomène est identifié et reconnu, la loi du silence se lève et les victimes s’expriment. Grâce au livre « le harcèlement moral » de Marie-France Hirigoyen, paru en 1998, des hommes et des femmes ont enfin mis un mot sur leur souffrance et osent aujourd’hui dénoncer les conduites abusives qu’ils ont endurées.
Aucune catégorie professionnelle n’est épargnée, dans le secteur privé comme dans le public. En attendant que le harcèlement soit qualifié comme délictueux, il existe des moyens pour se défendre.

Identifiez le type de harceleur

Il existe plusieurs types de harcèlement moral. Celui orchestré par un pervers. Mais aussi le harcèlement professionnel, arme redoutable utilisée pour liquider des salariés devenus indésirables, les pousser à la démission et éviter les frais d’un licenciement. Certaines entreprises vont jusqu’à engager un cost killer, un tueur de coûts. Sa mission : se débarrasser d’une partie du personnel dans les meilleurs délais. Sans plan social ni licenciement officiel : chacun doit partir spontanément.

Les fusions acquisitions sont le terrain par excellence de telles méthodes.
La majorité des harceleurs ne se trouve pourtant pas dans ces catégories. La plupart ne sont que des managers appliquant les règles internes de l’entreprise. Sans états d’âme, ils obéissent aveuglément à une logique de rentabilité et de productivité, qu’ils s’acharnent à faire respecter par tous les moyens. C’est le management par le stress. Le harceleur est lui-même sous pression, harcelé par sa propre hiérarchie. Bien connu des professions de la vente, ce type de management frappe cependant tous azimuts, surtout dans les services, la santé et les activités sociales.

Les salariés du privé ne sont pas les seuls à en souffrir. Le milieu associatif et la fonction publique sont bien loin d’être à l’abri. Sachant que rompre un contrat de travail y est plus difficile que dans le privé, les cas de harcèlement y sévissent plus longtemps. Conséquence dramatique : les suicides sont plus nombreux que dans le privé.